Un jour, on se reverra, je te le promet...
Comment tout a pu commencer entre nous ?
Je crois que cela remonte à quelques mois. Une soirée... Ah oui je m'en souviens mieux. C'était au mois de Mai, 10 jours avant mon anniversaire, une fête chez une amie. Elle avait invité ses amis et les amis de ses amis, voir plus loin. J'y étais parce que je la connaissais bien.
Elle avait tout organisé, de la musique aux boissons. D'ailleurs quel drôle de choix qu'étaient ces boissons... Bien rangées en ligne sur la table qui leur était réservés, une panoplie de bouteilles, toutes plus alcoolisées que les unes et les autres.
Beaucoup avaient oublié que les robinets de jardins existaient et vite vers le milieu de cette soirée, la plupart des invités dont moi, je l'avoue, étaient un peu dans un autre monde...
Moi, j'avais mal à la tête, je disais n'importe quoi et surtout je faisais n'importe quoi. Je m'exile au fond du jardin, loin des lumières, loin du monde, loin de tout je pensais...
Et c'est là, que toi tu arrives. En faite ne réfléchissant je crois que tu étais déjà là. Enfin bref, peut importe.
" Qu'est ce qu'une jeune fille vient faire loin de tout ?
_ Rien... "
C'est tout ce qu'on s'est dit au début. Je distinguais mal ton visage avec les ombres dansantes et chancelantes de la fête qui me semblait maintenant à des lieux et des lieux de là où j'étais maintenant. Et toi, tu me regardais de tes grands yeux clairs... Toujours ce même regard, interrogateur comme " Je veux en savoir plus sur toi, qui est-tu, que fais-tu, dis-moi tout. ".
Et moi comme une idiote, je m'efforçais de te percevoir.
Tu m'as pris la main. Tu as enfin détourné ton regard qui finissait par me m'être mal à l'aise.
" Quel est ton nom ?
_ Angie...
_ C'est beau.
_ Merci... "
Tu t'es levé et tu m'as fait signe de te suivre. Je t'ai enfin bien vu, tu étais beau, grand, brun foncé, élancé, les traits de ton visage étaient durs, mais si tendres quand tu souriais. On peut dire que j'ai eu le coup de foudre. On est arrivé au milieu de l'agitation quand elle est venue te voir.
Elle, c'était Gaëlle. Je l’avais déjà remarqué au début de la fête. Une grande fille, genre mannequin. Les cheveux roux, longs, bouclés, agencés en une fausse queue de cheval basse, une crinière indisciplinée. Bref, une jolie fille qui se faisait beaucoup remarquée.
Elle t'a gratifié d'un petit bisou sur le nez et toi, je ne sais pas encore vraiment pourquoi, tu l'as repoussée. Et là, cette fille s'est transformée en furie.
" Matthew !
_ Quoi ? Pas en public et alors ?
_ Pourquoi ? D'habitude...
Et elle m'a vue. Ah ! Oui, je comprends ! C'est à cause d'elle ?! Tu l'as rencontré, tu voulais pas lui dire que t'étais déjà pris !!!
J'ai eu un choc. Je suis partie en courant et en pleurant. Je me disais que c'était un salop, un vrai connard, une pourriture.
J'ai erré sur la route et me suis finalement assise sur le bord du trottoir. Pourquoi éprouvai-je tant de peine vis-à-vis d'un parfait inconnu ? Tu m'as suivi mais je ne t'avais pas remarqué. Tu t'es assis à côté de moi. J'allais me lever mais tu m'as retenu la main. Tu t'es mis en face de moi et tu as plongé ton regard dans le mien. J'étais bloquée, pétrifiée.
" Je ne sais pas... Si... Non... C'est que tu dois penser des choses à mon égard... Je voudrais te prouver le contraire... "
Toi qui paraissais si sûr, tu étais en train de chercher tes mots, tu hésitais, tu trébuchais...
" Je... Je ferais... Vraiment tout... Tout pour... Qu'un jour... Toi et... Moi... Ce soit... Possible... "
Et je me suis énervée.
" Qu'un jour ! Un jour où tu n'auras rien de mieux à faire que de sortir avec une conne ! Et tu veux me faire avaler ça ?! Tu te trompes de personne ! " Et je suis partie de la fête, je suis rentrée chez moi en pleurant. Je n'ai pas fêté on anniversaire, je déprimais.
L'amie qui avait organisé la fête, me donnait des nouvelles de toi parce que je lui avais tout raconté pour justifier mon départ avant l'heure. Elle te connaissait bien d'ailleurs.
Et j'ai appris beaucoup de choses sur toi.
Matthew, 16 ans, comme moi... Et un jour elle me rappela, au mois de Juin.
" Angie, tu te rappelles de Matthew ?
_ Oui, comment ne pas l'oublier ?!
_ Il n'est plus avec Gaëlle, tu sais la rousse ...
_ Ah, tant mieux pour lui.
_ C'est lui qui a cassé.
_ Cool pour lui.
_ Je me disais aussi... Tu essayes de t'en foutre mais tu ne peux pas, tu n'as pas voulue sortir avec Guillaume, il te le demande depuis 3semaines et tu refuses sous prétexte que t'es pas prête, mais c'est pas vrai dit. C'est parce que il y a Matthew quelque part et tu t'es entichée de lui.
_ Pauline, je ne te permet pas de dire des choses comme ça, il ne s'est rien passé entre ce garçon et moi, et puis comment on peut aimer quelqu'un qu'on a vu qu'une seule fois et qui t'a prise pour une grosse conne ? "
Mais je n le pensais pas vraiment, évidemment, mais je me remettais en cause souvent.
Le 30 Juin, vers 21h00, mon portable sonne.
" Allô ?
_ C'est Matthew.
_ Vous vous êtes trompé de numéro je crois.
_ Angie, je sais que tu sais que c'est moi.
_ Je ne vois vraiment pas qui vous êtes.
_ Angie, s'il te plaît.
_ Qui t'a donné mon numéro ?
_ Peut importe... Un grand silence s'est installé entre nous.
_ Pourquoi tu m'appelles ?
_ Je t'aime Angie.
_ Matthew, j'y crois pas.
_ C'est vrai.
_ Matthew... Tais-toi.
_ J'ai aussi ton adresse MSN, on se parlera.
_ Je ne t'accepterai pas dans mes contacts.
_ Alors je te harcélerai.
_ Stop, arrête.
_ J'ai eu le coup de foudre, c'est grave docteur.
_ Il faut te faire soigner.
Il a rit. Entrainée par le sien, moi aussi je m'y suis mise.
_ Passons aux choses sérieuses, quand pourrai-je te voir ?
_ Je ne sais pas. Je part une semaine à Barcelone. Tu es où là ?
_ A St Pée De Bigorre, voir ma famille.
[...]
A la fin de la conversation.
_ Je t'aime Angie, à plus tard.
_ Euh Matthew, moi aussi, je... Je t'aime... " Et j'ai raccroché.
Pour donner une fin à cette histoire, je suis partie à Barcelone 1 semaine, on se téléphonait tout les jours, toutes les nuits, toutes les fois que l'on pouvait.
Et maintenant que c'est prévu, Mercredi je part chez lui ou plutôt chez ses grands-parents à St Pée De Bigorre...
Je suis contente d'aller le voir, lui aussi je pense...
Je compte les heures qui me sépare de lui.
Je t'aime Matthew.
Angie, le 17/07/2006, 20h00

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